Auteur : Tsutsui Yasutaka
Réalisateur : Satoshi Kon
Année : 2005
Studio(s) : Madhouse
Genre(s) : science-fiction
Support(s) : un roman + un film d'1h26
Editeur(s) : Gaumont Columbia Tristar Video
Synopsis : dans un futur proche, un scientifique a inventé une machine, la DC Mini, permettant d'enregistrer les rêves des gens et d'y pénétrer à des fins psychothérapeutiques. Mais alors que le projet est encore incomplet, plusieurs modèles de DC Mini sont volés...
Critique : oubliez le synopsis car l'intrigue ne sert que de prétexte aux idées et messages qu'a voulu faire passer Satoshi Kon.
On retrouve le thème de prédilection du réalisateur, à savoir la distinction entre la réalité la fiction, thème qu'il avait déjà exploité dans Perfect Blue et Millennium Actress.
Le film est à la fois un hommage au cinéma-même, source de rêverie et d'imagination qui est bien illustré par le personnage du policier dont le rêve récurrent est inconsciemment la clé d'un problème qui le travaille depuis sa jeunesse, sur qui le cinéma qu'il prétend haïr a pourtant un effet cathartique.
On notera le retour aux sources à la fin du film avec les trois affiches de cinéma de ses oeuvres précédentes, on peut alors conclure que la boucle est bouclée et que Paprika sera la dernier film de Satoshi Kon sur le cinéma (il paraît qu'il voudrait ensuite réaliser des films davantage à l'attention des enfants).
Vient ensuite la situation de la femme japonaise : la très sage et austère Atsuko Chiba qui ne vit que pour son travail et ne laisse pas de place aux sentiments devient dans le monde fictif Paprika : une jeune fille délurée et pimpante qui vient en aide aux gens (des hommes en l'occurrence) dans leurs rêves.
Quant à Tokita, le concepteur de la DC Mini, il est sans cesse présenté comme un grand gamin immature, quand on voit de plus l'état de son bureau on fait vite le lien avec les otakus, dont Paprika représenterait l'idéal féminin, ayant à la fois le côté protecteur de la mère et la sensualité de la femme.
Ce qui est sûr c'est que Paprika est un film qui peut s'interpréter de plein de façons différentes et qu'il vaut mieux le regarder dans un état d'esprit assez ouvert. : p
D'un point de vue nettement plus trivial et technique, l'animation est sans faille, les graphismes travaillés et la musique si particulière de Susumu Hirasawa (qui avait déjà composé la bande-son de Millennium Actress) rajoute un petit plus non négligeable à l'ambiance générale du film.
Je pense qu'il faut le voir plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités tant il est riche.
Je lui ai malgré tout préféré Millennium Actress, même si Paprika est incontestablement une des meilleures oeuvres récentes de l'animation japonaise.
Pour une critique vraiment complète et aboutie, je vous renvois sur l'excellent site Orient Extrême.




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