Depuis le temps que je voulais voir Ergo Proxy et que les
épisodes moisissaient sur mon DD c'est enfin chose faite !
Et je me dis que j'aurais dû m'y mettre plus tôt car
c'est vraiment mon coup de coeur du moment. Je me suis
enchaîné les épisodes en deux jours (j'aurais
pu faire plus vite mais on m'a dérangée ! : p)
Titre original : Ergo Proxy
Auteur : Sato Dai
Année : 2005-2006
Studio(s) : manglobe, Geneon, WOWOW
Genre(s) : science-fiction, cyber
Support(s) : une série de 23
épisodes
Editeur(s) : Dybex
Synopsis : dans la ville-dôme de Romdo, les
humains trop peu nombreux sont aidés dans leurs tâches
par des androïdes : les Autoreivs.
Une série de meurtres étranges va frapper la ville
parallèlement à un virus, le Cogito, qui
détraque les Autoreivs en leur donnant accès au
libre-arbitre et aux sentiments, fonctions jusqu'alors
bridées dans leur programme (petit clin d'oeil à ce
cher Descartes,
cogito ergo sum ^_^).
L'inspecteur Real Mayer, du Bureau de renseignements va alors
découvrir l'existence d'êtres étranges, les
Proxy, cachés par les hautes instances de la
société et dont la série de meurtres pourrait
bien augurer le Réveil...
Critique : décidément le papa de
Cowboy Bebop et Samurai Champloo ne s'est pas fichu de nous ! J'ai
tellement de choses à dire sur EP que je ne sais même
pas par où commencer...
Ergo Proxy exploite - comme l'ont fait avant lui d'autres oeuvres
du même genre tels que Ghost in the Shell ou Gunnm - la
notion de l'identité. Je vous arrête tout de suite :
n'y voyez pas là un honteux plagiat mais plutôt une
nouvelle approche de l'idée, dotée en plus d'un
scénario prenant aux mystères qui maintiennent en
haleine jusqu'à la dernière minute du dernier
épisode, de quoi se plaint-on ?
Les adeptes de philosophie devraient être ravis avec, en plus
de celle de l'identité, des notions telles que le fondement
de la société, le rôle de la mémoire
dans l'établissement de la personnalité, ou encore la
place de l'individu dans le groupe (donc mon cher Ever ne
t'arrête pas en si bon chemin xD).
J'avais d'ailleurs peur que la fin soit du genre
métaphysique et complètement incompréhensible
mais heureusement il n'en est rien.
Malgré tout ce tripotage intellectuel a fini par m'agacer
car certains épisodes sont entièrement
consacrés à des introspections, au détriment
de l'action qui n'avançait pas d'un pouce, je n'ai rien
contre en soi mais là j'ai trouvé que
l'équilibre était mal dosé et que ces
épisodes "cassaient" le rythme de la série en passant
de tout l'un à tout l'autre. Heureusement ce petit
problème n'altère en rien la qualité globale
de la série, d'ailleurs un point que j'ai vraiment
apprécié est le fait que l'action démarre
dès le premier épisode.
Faut reconnaître que c'est assez rare et que dans bien des
séries l'intrigue met un temps fou à se mettre en
place et il est courant que je m'ennuie durant la première
partie d'une série.
Si je devais citer un autre défaut je dirais que l'histoire
elle-même est un assez grand fouilli et qu'on a parfois du
mal à s'y retrouver et à garder en tête le
sujet principal, peu aidé par des flashbacks mal
démarqués.
Passons à un autre grand point fort d'Ergo Proxy : ses
personnages.
Real Mayer est à cent lieues des héroïnes
auxquelles on est habitué et elle a tellement de
défauts qu'elle finit par nous être sympathique, son
évolution est des plus intéressantes à suivre
mais n'égale tout de même pas celle de Vincent Law, le
protagniste masculin de la série. Au départ assez
terne et ennuyeux, il ne cesse de prendre de l'ampleur et de la
classe au fur et à mesure de la série : au moment
où il a ouvert les yeux, waaah *_* (comprendront ceux qui
l'ont vu).
Les personnages secondaires, bien qu'un peu moins travaillés
psychologiquement, ne sont pas en reste pour autant.
J'adore tout particulièrement le chara-design, le même
que celui de SC. Ca nous change du style de la japanime habituelle
et il ne fait pas l'unanimité mais en ce qui me concerne je
préfère de loin son réalisme et sa
sobriété aux yeux géants et coupes de cheveux
excentriques.
Les couleurs ternes crééent une ambiance assez
particulière à laquelle on s'habitue assez
rapidement.
La musique a également été une bonne surprise
(pourtant c'est pas du Yôko Kanno : p), variant les styles
elle est bien adaptée aux différentes ambiances
rencontrées dans la série. Je crois bien que je vais
me procurer l'OST.
L'opening est une petite merveille sur le plan graphique (pas
musical malheureusement, c'est un peu l'histoire du disque
rayé au niveau des paroles bien que la musique
elle-même soit plutôt agréable). Je vous renvoie
à la vidéo sur
YouTube.
La série est disponible chez Dybex au prix raisonnable de
15€ l'unité chez Virgin. Les jaquettes sont vraiment
sympas, avec un peu de chance quand je rentrerai du Japon, Ergo
Proxy sera disponible en coffret collector. ^_^
Bref sans doute une des meilleures séries de 2006, et qui
sait, peut-être un futur classique ? Vivement la prochaine
série de Sato Dai !
Opening : "Kiri" Monoral
Ending : "Paranoid Android" Radiohead
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