Titre original : Kaze no
tani no Naushikâ
Auteur : Hayao Miyazaki
Réalisateur : Hayao Miyazaki
Année : de 1982 à 1994 pour le
manga, 1984 pour le film
Studio(s) : Ghibli
Genre(s) : fable écologique
Support(s) : un manga de 7 volumes et un film
d'1h56
Editeur(s) : Glénat et Buena Vista
Synopsis : voilà mille ans que la
civilisation industrielle s'est effondrée suite aux "sept
jours de feu". Le monde est maintenant recouvert par la Fukai, une
grande forêt toxique où vivent les Ômu, sorte
d'insectes géants, obligeant le peu de surivants humains
à vivre retranchés dans des zones encore
épargnées par les vapeurs mortelles. La princesse
Nausicaä cherche à percer le mystère qui conduit
peu à peu l'humanité à sa perte.
Critique : avec sa
première oeuvre, Miyazaki a signé un vrai chef
d'oeuvre. On trouve dès Nausicaä les thèmes de
prédilections du réalisateur qui le suivront tout au
long de ses autres films : écologie, esprits de la nature,
engins volants en tous genres...
Miyazaki nous amène à nous interroger sur les
conséquences futures de la pollution actuelle à
laquelle nous ne prenons pas suffisamment garde en nous montrant un
monde détruit par la seule faute de l'homme et de son
ambition démesurée.
Son but n'est pas de montrer des solutions mais de faire prendre
conscience, d'autant que son film laisse entendre qu'il reste de
l'espoir, tout n'est pas condamné.
En dehors de l'aspect écologique de l'oeuvre, il met
l'accent sur l'homme et son désir déraisonné
de pouvoir, son rejet de ce qui est différent, non seulement
vis-à-vis des Ômu qu'ils ne tentent pas de comprendre
mais également vis-à-vis des pays voisins qu'ils
préférent affronter plutôt que de créer
avec eux des alliances.
Nausicaä est un personnage très touchant mais qui,
personnellement, m'a agacée par sa perfection. Elle est
courageuse, désintéressée, se bat pour les
siens et jamais pour elle-même ne serait-ce qu'un peu, elle
est trop manichéenne. Un peu de réalisme au niveau de
la psychologie aurait été la bienvenue. Heureusement
les personnages secondaires font de même plus réels
que notre héroïne. De ce point de vue, le manga (que je
n'ai pas encore eu la chance de lire) doit être bien plus
complet.
On adhère facilement à la simplicité des
graphismes, les décors dans la Fukai sont magnifiques,
Miyazaki est parvenu à conserver l'idée des plantes
toxiques et a malgré tout réussi à en faire
quelque chose d'où se dégage une certaine
beauté.
C'est Joe Hisaishi qui a composé la bande-originale ainsi
que celles des films que Miyazaki réalisera par la suite.
Celle de Nausicaä est à mon sens l'une des meilleures,
le morceau d'ouverture est tout simplement une petite
merveille.
Une magnifique fable épique à voir au moins une
fois.
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